Mme Dutour(1)— Laissez-moi faire, je vais le payer ; où vous a-t-il prise ?

 

__________________     — Auprès de la paroisse.

 

__________________     — Eh ! c’est tout près d’ici. (2).Tenez, voilà ce qu’il vous faut.

 

__________________ (3) — Ce qu’il me faut ! Cela ! (4 ) Oh ! que nenni cela ne se mesure pas à l’aune.

 

__________________(5) — Mais que veut-il dire avec son aune, cet homme ? (6) Vous devez être content ; on sait peut-être bien ce que c’est qu’un carrosse, ce n est pas d’aujourd’hui qu’on en paie.

 

__________________(7) — Eh ! quand ce serait demain qu’est-ce que cela avance ? Donnez-moi monaffaire, et ne crions pas tant voyez de quoi elle se mêle ! Est-ce vous que j’ai menée? Est-ce qu’on vous demande quelque chose ? Quelle diable de femme avec ses douze sols! Elle marchande cela comme une botte d’herbes.

 

__________________(8) — En vérité, mon ami, il faut avouer que vous êtes bien impertinent, et il me convient bien d’écouter vos sottises ! (9) Allons, retirez-vous. Voilà votre argent ; prenez ou laissez :qu’est-ce que cela signifie ? Si j’appelle un voisin on vous apprendra à parler aux bourgeois plus honnêtement que vous ne faites

 

__________________(10) — Eh bien! qu’est-ce que vient me conter cette chiffonnière ? Gare ! prenez garde à elle: elle a son fichu des dimanches. Ne semble-t-il pas qu’il faille tant de cérémonies pour parler à Madame ? (11) On parle bien à Perrette. (12) Eh ! palsambleu ! payez-moi. Quand vous seriez encore quatre fois plus bourgeoise que vous n’êtes, qu’est-ce que cela me fait ? Faut-il pas que mes chevaux vivent ? Avec quoi dîneriez-vous, vous qui parlez, si on ne vous payait pas votre toile ? Auriez-vous  la face si large ? Fi ! que cela est vilain d’être crasseuse!

 

 

(1) à Marianne

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